Congrès annuel de l’ASCO 2026 : actualités sur le cancer colorectal

Le congrès annuel de l’ASCO se tiendra du 30 mai au 3 juin 2026 à Chicago, dans l’Illinois et réunira des oncologues, des chercheurs et des défenseurs des droits des patients du monde entier, afin de partager les dernières avancées en matière de prise en charge du cancer. Le congrès de cette année a été marqué par plusieurs avancées importantes pour la communauté des personnes touchées par le cancer colorectal : voici ce qu’il faut retenir pour l’instant. 

Un test sanguin pourrait orienter les décisions thérapeutiques en matière de chimiothérapie dans le cancer du côlon de stade II

Juin 2026 · Congrès annuel 2026 de l’ASCO 

Une nouvelle étude clinique montre qu’un test sanguin mesurant les traces d’ADN tumoral après une intervention chirurgicale, permet d’identifier les patients les plus susceptibles de bénéficier d’une chimiothérapie – et que le traitement de ces patients réduit considérablement le risque de récidive. 

Qu’est-ce que l’ADN tumoral circulant (ctDNA) ?

Après une intervention chirurgicale, certains patients présentent encore de minuscules quantités d’ADN tumoral circulant dans leur sang, appelé ADN tumoral circulant (ctDNA). Même lorsque les examens d’imagerie semblent normaux, la présence d’ADN tumoral circulant détectable suggère que des cellules cancéreuses microscopiques peuvent subsister, exposant ainsi ces patients à un risque plus élevé de récidive. La plupart des patients atteints d’un cancer du côlon de stade II, ne présentent pas d’ADN tumoral circulant détectable et se portent bien sans chimiothérapie. Le fut d’identifier de manière fiable le petit groupe de patients qui pourrait en bénéficier.  

Quels ont été les résultats de l’essai CIRCULATE ?

Les patients présentant de l’ADN tumoral circulant détectable après la chirurgie, ont été répartis de manière aléatoire pour recevoir une chimiothérapie adjuvante (post-chirurgicale) ou un suivi seul. Les résultats ont été frappants : 

Les patients dont le test de ctDNA s’est révélé négatif, ont obtenu d’excellents résultats sans aucune chimiothérapie, ce qui suggère que ce test pourrait également favoriser de nombreux patients à éviter en toute sécurité un traitement inutile et ses effets secondaires. 

Qu’est-ce que cela signifie pour les patients ?

  • Un test sanguin de ctDNA réalisé après l’opération peut aider à identifier les patients atteints d’un cancer du côlon de stade II qui présentent un risque élevé de récidive et qui pourraient bénéficier d’une chimiothérapie. 
  • La chimiothérapie a considérablement réduit la récidive chez les patients positifs au ctDNA, faisant passer le taux de récidive de 62 % à 19 % dans cette étude. 
  • Les patients dont le test de ctDNA était négatif, ont obtenu de très bons résultats sans chimiothérapie, ce qui suggère que beaucoup pourraient éviter en toute sécurité les effets secondaires du traitement. 
  • Il s’agit du premier essai aléatoire à démontrer un bénéfice thérapeutique des décisions guidées par le ctDNA, spécifiquement dans le cancer du côlon de stade II. 
  • L’essai a été plus restreint que prévu en raison d’une clôture anticipée ; des études à plus grande échelle sont donc encore nécessaires pour confirmer ces résultats et étayer des modifications des lignes directrices. 

Et maintenant ?

Bien que ces résultats soient encourageants, le test de l’ADNct n’est pas encore une pratique courante pour tous les patients atteints d’un cancer du côlon de stade II au Canada. Les chercheurs et les oncologues vont désormais utiliser ces données, ainsi que celles d’autres études en cours, pour déterminer si le traitement guidé par l’ADNct devrait faire partie des soins de routine. Des tests privés d’ADNct sont actuellement disponibles au Canada, bien que leur utilisation soit limitée à l’évaluation du pronostic (détection d’une maladie résiduelle minimale) et au choix d’une thérapie ciblée (profilage génomique). 

Source: Folprecht G et al. CIRCULATE: a prospective randomized trial of ctDNA-guided adjuvant chemotherapy in mismatch repair–proficient stage II colon cancer. Presented at 2026 ASCO Annual Meeting. J Clin Oncol. 2026;44(17 suppl):LBA3500. 

Une nouvelle association thérapeutique donne d’excellents résultats dans le cancer colorectal métastatique présentant une mutation du gène BRAF

Juin 2026 · Congrès annuel 2026 de l’ASCO 

Une association de thérapies ciblées a presque doublé la durée de survie sans progression de la maladie chez les patients par rapport à la chimiothérapie standard, dans un type de cancer colorectal métastatique (mCRC) caractérisé par une mutation génétique spécifique appelée BRAF V600E. 

Qu’est-ce que la mutation BRAF V600E et pourquoi est-elle importante ?

Environ 8 à 10 % des patients atteints d’un CCRm présentent une mutation dans un gène appelé BRAF V600E. Cette mutation favorise une croissance tumorale agressive et a toujours été associée à de mauvais résultats avec la chimiothérapie standard. Il est important d’identifier cette mutation grâce à des tests de biomarqueurs, car cela ouvre la voie à des traitements ciblés spécialement conçus pour y répondre. 

Quels ont été les résultats de l’essai BREAKWATER ?

L’essai BREAKWATER a évalué une association de trois médicaments — l’encorafenib (un traitement ciblé), le cétuximab (un traitement par anticorps) et un protocole de chimiothérapie appelé FOLFIRI — en tant que traitement de première intention chez les patients atteints d’un CCRm présentant la mutation BRAF V600E. Les patients sous la nouvelle association ont connu une médiane de 15,2 mois sans progression de la maladie, contre 8,3 mois sous chimiothérapie standard. 

Les données de survie globale ont également été favorables à la nouvelle association : 72 % des patients étaient en vie à 18 mois, contre 55 % dans le groupe sous chimiothérapie. La survie globale médiane n’avait pas encore été atteinte dans le groupe sous la nouvelle association au moment de l’analyse. 

En février 2026, la FDA américaine a accordé une autorisation de mise sur le marché classique à l’encorafenib associé au cétuximab et à une chimiothérapie à base de fluorouracile pour cette population de patients, en s’appuyant en partie sur les données antérieures de l’étude BREAKWATER. 

« Cela permet vraiment d’améliorer les soins personnalisés. » 

— Dr Scott Kopetz, auteur principal de l’étude, MD Anderson Cancer Center, Houston 

Qu’est-ce que cela signifie pour les patients ?

  • Si vous souffrez d’un CCRm, demandez à votre oncologue si votre tumeur a fait l’objet d’un test de dépistage de la mutation BRAF V600E : connaître votre statut biomarqueur peut vous ouvrir l’accès à des traitements ciblés. 
  • Cette association a nettement surpassé la chimiothérapie standard tant en termes de retard de la progression que d’amélioration de la survie à 18 mois. 
  • Le profil de sécurité était gérable et conforme à ce que l’on sait déjà de chaque médicament du traitement. 
  • Au Canada, l’accès à cette association varie. En Ontario, l’encorafenib a obtenu un accès prioritaire en mai 2026 et sera financé dans le cadre du programme ontarien FAST (Funding Accelerated for Specific Treatments) pour les patients atteints d’un CCRm avec mutation BRAF V600E. Dans d’autres provinces, le médicament peut être financé par une combinaison de régimes provinciaux d’assurance-médicaments, d’assurances maladie privées et de programmes d’accès compassionnel. Parlez-en à votre équipe soignante pour en savoir plus. 

 

Source: Kopetz S et al. BREAKWATER: Progression-free and overall survival analyses of first-line encorafenib + cetuximab + FOLFIRI in BRAF V600E-mutant metastatic colorectal cancer. Presented at 2026 ASCO Annual Meeting. J Clin Oncol. 2026;44(suppl 17):LBA3503. 

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