
Similitudes et différences génomiques du cancer colorectal à début précoce
Une nouvelle étude s’est intéressée aux caractéristiques génétiques du cancer colorectal métastatique diagnostiqué avant l’âge de 50 ans et les a comparées à celles observées chez les personnes diagnostiquées à un âge plus avancé. L’étude regroupait 1 892 personnes traitées au Samsung Medical Center, en Corée du Sud, dont 376 étaient atteintes d’un cancer colorectal à début précoce.
Dans l’ensemble, les chercheurs ont constaté que le cancer colorectal à début précoce présente un profil génomique très semblable à celui du cancer colorectal diagnostiqué plus tard dans la vie. Les altérations génétiques les plus fréquentes, notamment celles touchant les gènes TP53, APC et KRAS, étaient présentes dans des proportions similaires dans les deux groupes.
Certaines différences ont toutefois été observées dans d’autres caractéristiques moléculaires. Une charge mutationnelle tumorale élevée était moins fréquente chez les personnes atteintes d’un cancer colorectal à début précoce, soit 14,6 %, comparativement à 19,3 % chez les personnes diagnostiquées à un âge plus avancé. La charge mutationnelle tumorale correspond au nombre de changements génétiques présents dans l’ADN d’une tumeur. Lorsqu’elle est élevée, elle peut parfois influencer la façon dont le système immunitaire reconnaît et combat les cellules cancéreuses.
À l’inverse, une instabilité microsatellitaire élevée était légèrement plus fréquente chez les personnes atteintes d’un cancer colorectal à début précoce, soit 2,7 % comparativement à 1,7 %. Les microsatellites sont de courtes séquences répétées d’ADN. L’instabilité microsatellitaire survient lorsque le système qui répare normalement les erreurs dans l’ADN ne fonctionne pas adéquatement, ce qui peut entraîner des changements dans ces séquences répétées. Une instabilité microsatellitaire élevée peut être une caractéristique importante du cancer colorectal, puisqu’elle peut influencer le comportement de la maladie ainsi que sa réponse à certains traitements, notamment l’immunothérapie.
Chez les personnes atteintes d’un cancer colorectal à début précoce dont les tumeurs étaient stables au niveau des microsatellites, les changements génétiques observés concernaient principalement les mêmes gènes habituellement associés au cancer colorectal, notamment TP53, APC et KRAS. Les tumeurs présentant une instabilité microsatellitaire élevée montraient toutefois un profil d’altérations génétiques plus diversifié.
Une autre différence notable concernait le gène MYC. Les altérations de ce gène étaient plus fréquentes chez les personnes atteintes d’un cancer colorectal à début précoce, touchant 15,7 % des personnes plus jeunes. Les chercheurs ont également constaté que certaines altérations génétiques étaient davantage présentes chez les personnes les plus jeunes de ce groupe, ce qui laisse croire qu’il pourrait exister d’autres différences biologiques associées à un diagnostic à un très jeune âge.
Ces résultats suggèrent que le cancer colorectal à début précoce ne constitue pas une forme génétiquement complètement distincte du cancer colorectal diagnostiqué à un âge plus avancé. Certaines différences biologiques pourraient toutefois être présentes chez les personnes diagnostiquées plus jeunes. D’autres recherches seront nécessaires afin de mieux comprendre la signification de ces différences et de déterminer si elles pourraient éventuellement contribuer à expliquer pourquoi le cancer colorectal est de plus en plus diagnostiqué chez les jeunes adultes.

