
L’histoire de Melissa
Je m’appelle Melissa et je viens de l’Ontario, au Canada.
En septembre 2022, j’ai accouché de mon troisième enfant et ma sage-femme m’a dit que j’avais des hémorroïdes. Je savais que c’était courant, surtout après un accouchement, alors je ne m’en suis pas vraiment inquiétée.
Tout au long de l’année 2023, j’ai remarqué des petites taches de sang sur le papier toilette après être allée à la selle. J’ai pensé que cela venait des hémorroïdes et je n’y ai donc pas prêté attention. Au début du mois de septembre 2023, j’ai rencontré une nouvelle médecin de famille et je lui ai expliqué que je pensais avoir des hémorroïdes et que j’avais remarqué un changement dans mes selles. Quelques semaines plus tard, j’ai eu mon premier rendez-vous pour une coloscopie, un examen qui n’est pas systématique et parfois difficile à obtenir à un jeune âge. Après l’examen, le spécialiste est venu m’annoncer que j’avais une tumeur cancéreuse dans le rectum.
Mon cœur s’est serré. Mes émotions étaient indescriptibles. J’avais 34 ans à l’époque et mes trois enfants avaient tous moins de cinq ans.
Le spécialiste m’a expliqué qu’il avait prélevé une biopsie de la tumeur et qu’il avait déjà communiqué avec un chirurgien hautement recommandé, qui allait me contacter le lendemain pour discuter des prochaines étapes. J’ai ensuite passé une IRM et un scanner, et j’ai reçu un rapport de biopsie confirmant que j’avais un adénocarcinome. Le chirurgien m’a expliqué qu’il pourrait être nécessaire de me poser une stomie temporaire afin de préserver mon rectum et de favoriser sa guérison. Je n’avais jamais entendu parler de stomie ou d’ostomie auparavant, mais j’ai eu la chance que l’infirmière que j’ai rencontrée à l’hôpital et celles qui me rendaient visite à domicile m’aient beaucoup aidée à comprendre mon nouveau compagnon, la stomie, qui s’accompagne d’un régime alimentaire modifié et de certaines intolérances alimentaires.
Le chirurgien avait retiré la tumeur ainsi que 13 ganglions lymphatiques. J’ai appris que les marges étaient nettes, mais que 8 des 13 ganglions lymphatiques étaient positifs pour le cancer. Pendant ma convalescence après l’opération, le chirurgien m’a suggéré de suivre un traitement adjuvant et m’a orientée vers un oncologue. Il a été confirmé que j’avais un adénocarcinome de stade 3, N2B.
Tout en défendant mes intérêts, j’ai considéré cette partie de mon parcours comme un projet scolaire : des heures de conversations téléphoniques , des échanges avec des personnes qui ont suivi des traitements et reçu des diagnostics similaires, des consultations auprès de médecins, l’écoute de podcasts et de livres audio, et des recherches sur les différents traitements utilisés pour améliorer la chimiothérapie et soutenir ma santé. Je voulais adopter une approche intégrative : modifier mon mode de vie, mon alimentation et mon activité physique, tout en optant pour des traitements naturels pour m’aider à rester en forme. Je suis très reconnaissante d’avoir découvert le groupe de soutien Colorectal Cancer Canada, qui m’a permis d’entrer en contact avec d’autres personnes qui vivaient des expériences similaires. Je sais que chacune de nos histoires est différente et que chaque corps réagit différement, mais ce soutien supplémentaire m’a été très utile. J’ai également utilisé une application de messagerie de groupe pour partager des nouvelles avec mes amis proches et ma famille. Je terminais mes messages par « profitez de tout ce qui va bien », car nous avons TOUS encore tant de raisons d’être reconnaissants.
Au début du mois de décembre, mon mari et moi avons appris que la radiothérapie n’était pas recommandée dans mon cas, mais que la chimiothérapie l’était. Nous avons rencontré mon oncologue et discuté du protocole CAPOX. J’ai essayé de toutes mes forces de considérer la chimiothérapie comme un processus qui m’aiderait à guérir et à éliminer les cellules cancéreuses de mon corps. Mon oncologue a remarqué un ganglion lymphatique dans mes scans au niveau de la région pelvienne gauche. Il a dit qu’il était très suspect et qu’il s’attendait à le voir changer avec la chimiothérapie. Il m’a suggéré de suivre 8 cycles de chimiothérapie tous les 21 jours. Cela semblait insurmontable, mais j’ai essayé de rester forte pour mes enfants et mon mari, et de simplement tenir bon. Certains cycles ont été beaucoup plus difficiles que d’autres, mais je suis très reconnaissante envers mon mari, ma famille et mes amis qui m’ont apporté un soutien incroyable.
Qu’il s’agisse de faire notre lessive, de nous aider à la maison, de nous préparer et de nous envoyer des repas, de nous envoyer des SMS et de nous appeler pour prendre de nos nouvelles, chaque petit geste que chacun a pu faire a été très apprécié tout au long de mon parcours vers la guérison. J’ai également trouvé beaucoup de réconfort dans le yoga, la préparation de recettes plus saines, les rencontres dans les groupes de soutien, les échanges avec mon thérapeute, les moments passés à l’extérieur et l’écriture dans mon journal.
Après quatre cycles de chimiothérapie, nous avons constaté que le ganglion lymphatique très suspect dans la région pelvienne gauche n’avait pas changé. Mon oncologue m’a envoyée passer une biopsie et il a été confirmé que le ganglion lymphatique était métastatique. J’ai ressenti une vague d’émotions difficiles et beaucoup d’anxiété quant aux prochaines étapes . Nous avons discuté de la possibilité de terminer les six cycles de chimiothérapie et d’attendre les résultats de mes analyses sanguines. La toxicité dans mon corps était devenue si élevée que l’oncologue m’a suggéré de ne pas poursuivre avec deux cycles supplémentaires, car les effets secondaires pourraient être beaucoup plus nocifs que les bienfaits. J’ai continué les traitements alternatifs avec mon naturopathe et, entre-temps, j’ai insisté pour passer un PET scan afin de vérifier s’il y avait d’autres signes de cancer ailleurs dans mon corps. Heureusement, les résultats du PET scan n’ont montré que le ganglion lymphatique dans la région pelvienne gauche, et j’ai donc pris rendez-vous quelques jours plus tard pour me faire retirer ce ganglion lymphatique et inverser mon iléostomie en même temps.
Après mon opération, quel immense soulagement de savoir que je me couchais sans cancer ! Cet été-là, je me suis amusée autant que possible et j’étais impatiente et optimiste à l’idée de retourner au travail en septembre. Je ne savais pas encore que le scanner prévu en novembre allait révéler une progression de la maladie et une tache sur mon poumon. Ces nouvelles n’allaient pas empêcher ma famille et moi de profiter de la vie, nous avons donc décidé de partir en vacances avec les enfants au début de l’année suivante, même si je serais encore en convalescence après mon opération. En avril 2025, j’ai passé un autre scanner qui a montré que la tache sur mon poumon grossissait, il m’a donc été recommandé de subir une opération en juin pour la faire enlever.
Aujourd’hui, je travaille étroitement avec mon naturopathe et un médecin en médecine chinoise. Je continue de consulter mon thérapeute, de pratiquer le yoga, d’essayer des recettes saines, de passer beaucoup de temps à l’extérieur, d’écrire dans mon journal, de rencontrer des gens, de partager mon histoire et, surtout…
DE PROFITER DE TOUT CE QUI VA BIEN


