 {"id":13874,"date":"2020-06-10T15:42:16","date_gmt":"2020-06-10T15:42:16","guid":{"rendered":"https:\/\/www.colorectalcancercanada.com\/non-classifiee\/my-cancer-story-annette-reilly\/"},"modified":"2024-05-28T15:44:34","modified_gmt":"2024-05-28T15:44:34","slug":"mon-histoire-annette-reilly","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.colorectalcancercanada.com\/fr\/recits-blogue\/mon-histoire-annette-reilly\/","title":{"rendered":"Mon Histoire: Annette Reilly"},"content":{"rendered":"<p>Mon histoire commence alors que j\u2019avais 30 ans. J\u2019assurais, depuis deux ans, la mise en sc\u00e8ne de pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre, je produisais et r\u00e9alisais mon premier film et je venais de fonder une famille. Essentiellement, ma vie \u00e9tait \u00ab sur les rails \u00bb et une nouvelle carri\u00e8re, que j\u2019\u00e9tais impatiente d\u2019explorer, s\u2019ouvrait \u00e0 moi. Tout cela a chang\u00e9 en janvier 2011.<\/p>\n<p><iframe src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/lPldUPuKO4I?cc_load_policy=1?\" width=\"100%\" height=\"787\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><span data-mce-type=\"bookmark\" style=\"display: inline-block; width: 0px; overflow: hidden; line-height: 0;\" class=\"mce_SELRES_start\">\ufeff<\/span><\/iframe><\/p>\n<p>J\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 \u00e9prouver le besoin irr\u00e9pressible de manger du sable et de la terre. Reconnaissant l\u00e0 les sympt\u00f4mes du pica (une d\u00e9ficience en min\u00e9raux tr\u00e8s fr\u00e9quente chez les femmes enceintes), je suis all\u00e9e chez mon m\u00e9decin, qui m\u2019a annonc\u00e9 que je souffrais d\u2019un TOC et a cherch\u00e9 \u00e0 me prescrire des antid\u00e9presseurs. Comme j\u2019\u00e9tais r\u00e9ticente \u00e0 retourner la voir apr\u00e8s m\u2019\u00eatre sentie humili\u00e9e lors de ma visite pr\u00e9c\u00e9dente, je n\u2019ai plus abord\u00e9 le sujet, et ce, m\u00eame si d\u2019autres sympt\u00f4mes \u00e9taient apparus entre-temps. D\u2019abord, du sang dans mes selles, un signe que j\u2019ai reli\u00e9 \u00e0 un changement dans mon alimentation. Ensuite, une fi\u00e8vre l\u00e9g\u00e8re, dont j\u2019ai souffert pendant deux mois. Puis, des crampes intestinales.<\/p>\n<p>Lorsque j\u2019ai finalement repris rendez-vous, mon m\u00e9decin a demand\u00e9, \u00e0 contrec\u0153ur, que des analyses sanguines soient faites. Ces derni\u00e8res ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que je souffrais d\u2019une grave an\u00e9mie. Mon taux d\u2019h\u00e9moglobine \u00e9tait tellement bas que j\u2019aurais pu m\u2019\u00e9vanouir chaque fois que je me levais. Il \u00e9tait, dans les faits, bien au-dessous du seuil auquel des transfusions sanguines sont habituellement pratiqu\u00e9es. Inutile de pr\u00e9ciser que la solution de mon m\u00e9decin a \u00e9t\u00e9 de me prescrire des suppl\u00e9ments de fer et une autre analyse sanguine trois mois plus tard, plut\u00f4t que d\u2019explorer POURQUOI une femme auparavant en pleine sant\u00e9 et n\u2019ayant jamais fait d\u2019an\u00e9mie souffrait d\u00e9sormais d\u2019une aussi grave d\u00e9ficience en fer. Elle a sugg\u00e9r\u00e9 que l\u2019allaitement \u00e9tait en cause. Elle a sugg\u00e9r\u00e9 que le fait que j\u2019\u00e9tais une jeune femme \u00e9tait en cause. J\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 de changer de m\u00e9decin. <\/p>\n<p>\u00c0 cette \u00e9poque, je souffrais de tr\u00e8s graves crampes intestinales. Je devais appeler des amis de la famille pour qu\u2019ils viennent m\u2019aider \u00e0 surveiller ma fille alors que je me tordais de douleur sur le plancher pendant des heures. J\u2019avais un m\u00e9decin qui m\u2019envoyait passer des tests. L\u2019examen qui aurait permis de diagnostiquer instantan\u00e9ment ma maladie n\u2019\u00e9tait cependant pas encore consid\u00e9r\u00e9. Pour cela, j\u2019ai d\u00fb attendre d\u2019obtenir un rendez-vous aupr\u00e8s d\u2019une sp\u00e9cialiste. Cette derni\u00e8re voulait d\u2019abord v\u00e9rifier s\u2019il pouvait s\u2019agir d\u2019un ulc\u00e8re gastrique. J\u2019ai donc d\u00fb attendre de subir une endoscopie. Entre-temps, je devais me rendre aux urgences toutes les deux semaines en raison de la douleur. Encore l\u00e0, une coloscopie d\u2019urgence aurait permis de cerner le probl\u00e8me, mais personne au service des urgences ne semblait envisager qu\u2019il soit possible qu\u2019une femme de 30 ans sans ant\u00e9c\u00e9dents m\u00e9dicaux souffre d\u2019un cancer du c\u00f4lon. En toute honn\u00eatet\u00e9, c\u2019\u00e9tait peu probable. Il n\u2019en demeure pas moins que j\u2019en pr\u00e9sentais tous les sympt\u00f4mes. Cette possibilit\u00e9 aurait d\u00fb \u00eatre \u00e9limin\u00e9e au d\u00e9part, et non \u00e0 la toute fin. <\/p>\n<p>J\u2019ai finalement subi une coloscopie en novembre 2011, plus de 10 mois apr\u00e8s l\u2019apparition de mes sympt\u00f4mes. J\u2019ai eu beaucoup de chance. De nombreux patients souffrant d\u2019un cancer du c\u00f4lon ne pr\u00e9sentent aucun sympt\u00f4me apparent avant que la maladie n\u2019ait progress\u00e9 au stade IV. J\u2019ai re\u00e7u un diagnostic de cancer du c\u00f4lon le 21 novembre 2011 \u2013 une journ\u00e9e qui restera grav\u00e9e dans ma m\u00e9moire jusqu\u2019\u00e0 la fin de mes jours. <\/p>\n<p>Une fois le diagnostic \u00e9tabli, une op\u00e9ration a imm\u00e9diatement \u00e9t\u00e9 planifi\u00e9e pour retirer mon c\u00f4lon ascendant. Encore l\u00e0, j\u2019ai eu de la chance : la tumeur se trouvait du c\u00f4t\u00e9 droit, ce qui signifiait que je n\u2019aurais probablement pas besoin d\u2019une poche pour colostomie. Une chose, par contre, \u00e9tait moins reluisante : la tumeur s\u2019\u00e9tait \u00e9tendue sur la paroi de mon c\u00f4lon, vers mon foie. Personne ne savait \u00e0 quel point elle s\u2019\u00e9tait \u00e9tendue; il faudrait deux semaines de plus avant qu\u2019on \u00e9tablisse officiellement son stade (qui s\u2019av\u00e9rerait \u00eatre le stade IIIB). Fort heureusement, gr\u00e2ce \u00e0 des amis et \u00e0 un peu d\u2019aide du destin, j\u2019ai pu rencontrer la Dre Elena Vikis, une jeune, brillante et fort talentueuse chirurgienne colorectale. Comme elle \u00e9tait en mesure de pratiquer la chirurgie par laparoscopie et d\u2019ainsi \u00e9courter ma convalescence, elle n\u2019a pas h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 se saisir de mon cas. Une d\u00e9cision inestimable pour moi, qui avais \u00e0 l\u2019\u00e9poque un enfant de 18 mois. <\/p>\n<p>Apr\u00e8s une op\u00e9ration qui s\u2019est merveilleusement bien d\u00e9roul\u00e9e, j\u2019ai pass\u00e9 deux mois en convalescence, puis je me suis pr\u00e9par\u00e9e pour ma chimioth\u00e9rapie. Ma famille s\u2019\u00e9tait d\u00e9plac\u00e9e de l\u2019Alberta pour venir prendre soin de mes proches et de moi-m\u00eame durant ces temps difficiles. J\u2019ai entrepris ma chimioth\u00e9rapie la m\u00eame semaine o\u00f9 j\u2019ai commenc\u00e9 le tournage de mon deuxi\u00e8me film. Fort heureusement, je ne r\u00e9alisais pas celui-l\u00e0. Je le produisais et j\u2019y jouais, ce qui \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 suffisamment difficile. Les six mois suivants sont un peu flous pour moi, avec bien des hauts et des bas (dans les deux derniers mois, surtout des bas). J\u2019ai termin\u00e9 ma chimioth\u00e9rapie le 11 juillet 2012 \u2013 un autre jour dont je me souviendrai toujours \u2013 et on m\u2019a annonc\u00e9 que j\u2019\u00e9tais en r\u00e9mission le 30 ao\u00fbt 2012. C\u2019est cette journ\u00e9e que j\u2019ai choisi de c\u00e9l\u00e9brer, puisque le cancer \u00e9tait finalement derri\u00e8re moi&#8230; du moins, c\u2019est ce que je croyais. <\/p>\n<p>Or, il s\u2019av\u00e8re que la premi\u00e8re ann\u00e9e qui suit un traitement anticanc\u00e9reux est tr\u00e8s difficile. Je recevais moins de soutien, \u00e0 un moment o\u00f9 j\u2019essayais de d\u00e9terminer comment vivre avec mon nouveau corps et \u00e9tablir une nouvelle normalit\u00e9. Environ un an apr\u00e8s la fin de mon traitement, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9e par un tsunami de probl\u00e8mes \u00e9motionnels et mentaux. J\u2019avais refoul\u00e9 le traumatisme v\u00e9cu pendant les deux ann\u00e9es o\u00f9 on m\u2019avait auscult\u00e9e et examin\u00e9e, pendant les six mois o\u00f9 des produits chimiques infects coulaient dans mes veines et pendant les mois o\u00f9 le syst\u00e8me m\u00e9dical m\u2019avait amen\u00e9e \u00e0 douter de moi-m\u00eame en raison de pr\u00e9jug\u00e9s li\u00e9s \u00e0 mon \u00e2ge et \u00e0 mon sexe. Pendant tout ce temps, j\u2019\u00e9tais demeur\u00e9e d\u2019humeur joyeuse, un sourire sur mon visage \u2013 parce que, bien \u00e9videmment, il fallait que \u00ab je reste positive \u00bb. <\/p>\n<p>Toute cette temp\u00eate \u00e9motionnelle m\u2019a men\u00e9e vers l\u2019organisme Young Adult Cancer Canada (YACC), un groupe qui m\u2019a permis de rencontrer d\u2019autres personnes de mon \u00e2ge ayant v\u00e9cu une exp\u00e9rience semblable. Avant de faire leur connaissance, je n\u2019avais pas r\u00e9alis\u00e9 \u00e0 quel point j\u2019\u00e9tais isol\u00e9e. Mon c\u0153ur a enfin pu entamer son processus de gu\u00e9rison. Pr\u00e8s de huit ans apr\u00e8s la fin de mon traitement, il ne se passe pratiquement pas une journ\u00e9e sans que le sujet du cancer ne soit abord\u00e9. Oui, je demeure am\u00e8re face \u00e0 ma situation, lorsque je songe \u00e0 la mesure dans laquelle mon diagnostic aurait pu \u00eatre plus rapide si les m\u00e9decins et les sp\u00e9cialistes avaient port\u00e9 attention \u00e0 mes sympt\u00f4mes plut\u00f4t qu\u2019aux statistiques. Oui, je souffre toujours d\u2019un trouble de stress post-traumatique. J\u2019ai d\u00fb composer avec ces sympt\u00f4mes et apprendre \u00e0 fonctionner en d\u00e9pit de ces derniers. Oui, j\u2019apprends encore \u00e0 m\u2019adapter \u00e0 ce que mon corps et mon cerveau peuvent et ne peuvent pas faire depuis les traitements. Mais je me suis red\u00e9couverte. Je me concentre sur de nouveaux buts. Je sais parfaitement qui je suis et ce dont je suis capable. Je ne m\u2019excuse plus d\u2019\u00eatre la personne que je suis. J\u2019ai appris \u00e0 d\u00e9fendre mes propres int\u00e9r\u00eats dans diverses situations. Je sais ce qui est en jeu si je ne le fais pas. <\/p>\n<p>Je suis ici pour d\u00e9fendre les droits des personnes qui vivent avec le cancer ou y ont surv\u00e9cu. Je ne suis plus une patiente, je suis d\u00e9sormais une survivante. Tous n\u2019ont pas cette chance, alors je me porte \u00e0 leur d\u00e9fense. C\u2019est pour moi un honneur. Je parle ouvertement de mon exp\u00e9rience. Je collabore avec des organisations telles que Cancer colorectal Canada afin d\u2019aider \u00e0 sensibiliser la population afin que personne, et surtout pas les plus jeunes, n\u2019ait \u00e0 vivre ce que j\u2019ai v\u00e9cu. Je sais ce qu\u2019implique ce combat. Je vous vois, je vous entends et je vous aime.<\/p>\n<p>Cordialement,<br \/>\nAnnette<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Mon histoire commence alors que j\u2019avais 30 ans. J\u2019assurais, depuis deux ans, la mise en sc\u00e8ne de pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre, je produisais et r\u00e9alisais mon premier film et je venais de fonder une famille. 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